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Slow Power et slowpreneuriat, Interview de Pierre Moniz-Barreto

A l’occasion de la sortie de son livre « Slow Power », le super pouvoir de la lenteur (2021, Ed. Mardaga), j’ai reçu Pierre Moniz Barreto, pour un éclairage sur ce pouvoir bien connu des slowpreneurs, mais encore peu connu du public.

Dans cette interview, nous abordons:

  • la dynamique entrepreneuriale de Pierre et son big why
  • la génese de « Slow Power »
  • la notion d’équilibre fast and slow
  • le retard des écoles de commerces et d’ingénieur dans la prise en compte du leadership régénératif et du pouvoir de la lenteur
  • L’expérience du sablier
  • Le jardinage et le temps des mains
  • La pause annuelle existentielle

 

REtranscription de l'interview

Emilie Grau: [00:00:02] Bonjour, je suis heureux de recevoir aujourd’hui Pierre, Moniz- Barreto, pour cette nouvelle interview/portrait de Slowpreneur. Bienvenue Pierre!

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:00:13] Bonjour, merci Emilie,

 

Emilie Grau: [00:00:16] Alors Pierre, tu es ici aujourd’hui parce que tu viens de sortir le livre « Slow Power », le super pouvoir de la lenteur (2021, ed Mardaga). Est-ce que tu veux bien nous parler un peu plus de toi d’abord? Qui es tu?  Tu as de multiples cordes à son arc. Tu es entrepreneur, auteur, conférencier. Est ce que tu veux te présenter?

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:00:37] C’est ça! Ca fait une dizaine d’années maintenant que j’ai quitté le monde du salariat et je me suis lancé dans diverses dynamiques entrepreneuriales. Ma dernière aventure, celle du moment, c’est l’Académie des intelligences Humaines que j’ai créée en 2019, qui propose des actions de sensibilisation de type conférences ou publications, ou des programmes de formation aux nouvelles formes d’intelligence, dont l’intelligence émotionnelle, l’intelligence corporelle, l’intelligence cognitive, l’intelligence holistique. Je suis devenu l’un des trois experts en France, en intelligence spirituelle.

 

Emilie Grau: [00:01:46] On sort de tout cognitif avec l’Académie des intelligences humaines.

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:01:52] On laisse la place à une vie, résolument !

 

Emilie Grau: [00:01:56] C’est dans ce cadre là que tu t’es posé aussi des questions sur le mouvement slow. Finalement, cette idée avait  déjà commencé avec ton premier livre « Slow Business » (2015, Eyrolles).

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:02:10] Oui, ça remonte à environ 10 ans. En fait, « Slow Business » est paru en 2015. Bon, c’était un ouvrage un peu différent. C’était plus un ouvrage de type journalistique, juste un constat. J’y fais une galerie de portraits, des études de cas sur des entrepreneurs, des entrepreneuses diverses et variées, anglo-saxons,  pas que français, qui se sont inspirés du mouvement Slow pour changer leurs méthodes de management ou de gouvernance d’entreprise, de leadership.

 

Emilie Grau: [00:03:11] Yvon Chouinard, par exemple, de Patagonia

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:03:18] Oui, comme je viens de le dire « Slow Business » était une approche factuelle, journalistique. Et puis bon, avec quelques commentaires, bien entendu, quelques éclairages, c’est tombé dans l’air du temps. Donc, cela a connu son petit succès. J’ai été amené à faire plein de conférences, à répondre à des interviews et à faire des ateliers. J’ai été confronté à des publics très variés. Je m’adressais plutôt à la cible cible entrepreneur, comme « Slow Business » l’indique. Et puis, en fait, des avocats, des retraités, des étudiants, des fonctionnaires européens, toutes sortes de gens m’ont demandé d’intervenir. J’ai même fait des interventions auprès du grand public là dessus, dans et dans des médiathèques ou des choses comme ça. Et en fait, j’ai été confronté à des questions auxquelles je n’étais pas prêt parce que moi même, j’étais un peu, comment dire, resté sur le constat, sur la surface des choses. Et je ne m’étais pas assez plongé, assez impliqué, pour en effet faire ce que j’ai fait avec « Slow Power », c’est à dire comprendre de l’intérieur comment fonctionne la lenteur réellement au-delà des caricatures, des réductions et tout ce qu’on veut. Et puis, en fait, je suis arrivé assez vite en commençant mon travail sur « Slow Power. Je suis arrivé assez vite au constat que l’on pouvait présenter les choses sous l’angle que j’ai choisi pour Slow Power, c’est à dire que la lenteur n’est qu’une modalité de la vitesse, comme la rapidité. Et il y a une tendance qui dure depuis très longtemps des décennies, voire un ou deux siècles  :  mettre la performance, la puissance, la force du côté de la rapidité.

 

Emilie Grau: [00:05:34] Ca s’inscrit dans un mouvement plus général qui est qu’on est dans des sociétés en Occident très yang, en fait, excessivement yang. Et donc, effectivement, la puissance de la lenteur, elle est plutôt du côté yin, dans notre représentation imagée des choses.

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:05:51] Oui, et encore si on arrive à l’idée que la lenteur, puisse être puissante, que ce soit d’une façon ou d’une autre, Yin ou Yang. Avant même d’entrer là dedans, moi je fais le constat que beaucoup, beaucoup de gens en sont encore restés à l’idée que la lenteur,  c’est pour les loosers, pour les fainéants. C’est lié à l’idée de farniente, la décélération pour la décélération. On se met dans un hamac, on ralentit pour ralentir, alors que ce n’est pas l’idée.

 

Emilie Grau: [00:06:29] On est aussi confronté à ça avec le slowpreneuriat. On doit leur « Ben non, ce n’est pas pour les fainéants. C’est pas que pour les femmes enceintes ». Il faut expliquer. Bien que comme dit, comme tu le dis dans le livre, avec le confinement, la pandémie, de plus en plus de monde s’est ouvert quand même à ce mouvement là.

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:06:47] Ah oui, on sent que ça progresse. Et c’est vrai que Covid a été un accélérateur de compréhension, puisque tous ces confinements et autres ont plongé les gens dans des expériences. Ils ont été scotchés dans le temps, volontairement ou involontairement. Et il a bien fallu qu’ils découvrent qu’il y avait d’autres façons. Et c’est le côté positif de tout ce qu’on a vécu qui était compliqué, par ailleurs, qu’il y avait d’autres façons de continuer à travailler ou d’appréhender leurs activités, ou de créer des nouvelles choses ou de se réinventer. Et sur une autre modalité. Et c’est vrai qu’ en 2020, alors que j’étais, j’étais en train d’écrire, j’ai constaté une résurgence de l’intérêt pour le slow et tout ce qui tourne autour.

 

Emilie Grau: [00:07:56] C’est vrai. Je l’ai constaté aussi de plus en plus de monde, en dehors de nous, chez les slowpreneurs, parle de slowpreneuriat, donc ça progresse effectivement. Est ce que tu pourrais nous parler du rêve que tu as pour le monde? Il y a quand même un fil rouge dans les choses que tu fais via l’Académie des Intelligences Humaines et tes deux livres sur le mouvement Slow. Pourquoi tu fais tout ça? Est ce que tu as une motivation? On aime bien chercher le big why chez les slowpreneurs, ce qui motive au-delà de l’argent.

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:08:31] Le Big why. Alors je vais devoir faire un gros pas de côté, mais je sais que tu es sensible à cette dimension là et donc que les slowpreneurs et slowpreneuses sont également peut être OK avec ce que je vais dire. Tout vient d’une expérience spirituelle assez forte que j’ai faite à l’âge de 15 ans. Une expérience extra-corporelle, de décorporation, de sortie à hors du corps, comme disent nos amis anglo-saxons « Out of body experience ». Elle m’est tombé dessus de façon tout à fait évidemment totalement inattendue. Je commençais tout juste mon adolescence. En fait, j’ai vécu au cours de cette expérience quelques instants non mesurables dans une autre dimension. Et j’en suis revenu avec vraiment un regard complètement changé parce que ces quelques instants ont été extrêmement intenses et ça reste encore aujourd’hui. C’était en 1984… Ça reste encore aujourd’hui une des expériences, peut être l’expérience la plus vivante, la plus marquante que j’ai jamais vécue. Et c’était tellement vivant, c’était tellement vibrant, c’était tellement lumineux, agréable que quand j’en suis revenue, et bien que n’ayant que 15 ans, je me suis dit « donc, c’est ça la vraie vie ». En fait, ici , quelque part, c’est une réduction et donc il faut qu’on apprenne à se débrouiller avec les contraintes spatio-temporelles et la durée d’une vie. Mais en fait, la vraie vie est dans cette dimension là. Et deuxièmement, ça m’a fait vivre, ça m’a rendu heureux. C’est devenu un fuel, un moteur qui m’a animé de l’intérieur et puis, de plus en plus à l’extérieur, c’est à dire qu’il a fallu que je manifeste de plus en plus dans mes activités cette dimension intérieure qui m’animait. Et très clairement, lorsque je rédige, je publie des ouvrages sur le slow, c’est une façon d’apporter un éclairage un peu décalé par rapport à la ligne mainstream dans nos sociétés occidentales. Et pour dire, il existe une autre façon d’appréhender les choses, les réalités. Et à l’Académie des Intelligences Humaines que je fais la même chose finalement. Et lorsque je déploie mon expertise en intelligence spirituelle, je fais exactement la même chose. Je vais bientôt donner mon second stage. Je vais avoir ma seconde promo, donc de formation en intelligence spirituelle. Pendant ces quelques journées, on passe en revue toutes les traditions spirituelles et ce qu’elles peuvent apporter pour permettre de vivre non seulement d’une autre façon, en bénéficiant de l’éclairage spirituel, mais en restant bien enraciné dans dans ce monde, avec ses aspects concrets, avec ses contraintes, avec ses activités matérielles, etc. Etc. Donc oui, il existe d’autres possibilités de penser, de voir, de faire les choses et en fait, je déploie autour de ça.

 

Emilie Grau: [00:12:49] Et c’est dans ces formations stages. Tu as un public d’entrepreneurs ou de leaders qui s’intéressent de plus en plus à ça aujourd’hui ?

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:12:57] J’ai de tout, j’ai tenu d’ailleurs à ouvrir le spectre parce qu’on est trois à avancer de façon un peu pionnière et très résolue en France sur l’intelligence spirituelle. Les deux autres s’appellent Romain Cristofini, qui a écrit un ouvrage en 2018  » L’intelligence spirituelle au coeur du leadership ». Justement, lui a une optique très business. Et puis l’autre s’appelle Omer Taki, qui a une optique très universitaire, très intellectuelle, puisqu’il est doctorant et qu’il en fait son sujet de thèse l’intelligence spirituelle. En fait, j’ai voulu tomber ni dans l’hyper intellectualisme ni  – Je n’excuse pour Romain que je connais, que j’aime bien par ailleurs –   ni dans le côté utilitariste, c’est à dire je vais prendre l’intelligence spirituelle et je vais là et je vais les mettre au spécifiquement sur le terrain corporate. Je pense que s’il y a une intelligence spirituelle à développer et à acquérir, elle est beaucoup plus large que cela. Donc, je tiens à ouvrir le spectre et dans mes formations, j’ai de tout : Leaders, entrepreneurs, journalistes, auteurs et universitaires. Et je tiens à cette diversité pour brasser les choses comme il faut.

 

Emilie Grau: [00:14:43] Oui, c’est vrai que le monde de l’entreprise s’interpénètrent avec les autres mondes. On est quand même dans un  écosystème vivant, donc c’est là que c’est intéressant. Mais j’aime bien l’idée de penser, du moins, c’est ce qu’on essaye de faire avec les slowpreneurs, c’est qu’on amène les entrepreneurs a être de plus en plus conscients, et donc à avoir des leaders conscients. Et c’est vrai que plus que le côté utilitariste, on va dire,  c’est le côté contribution qui nous intéresse dans le fait d’ouvrir, de s’ouvrir à toutes les intelligences. Parce qu’à partir du moment, on aura compris qu’effectivement, la vie est un tout, qu’on a différents niveaux d’intelligence, alors on va être plus à même de protéger des choses que malheureusement, l’économie détruit. Du coup, avec Slow Power, tu ne veux pas seulement impacter les entrepreneurs, tu vas impacter donc tout le monde. Alors, est ce qu’on peut définir un peu plus que ça le Slow Power pour ceux qui n’y ont pas lu le livre? Qu’est ce que est ce que tu veux nous parler de cette puissance slow?

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:15:54] L’idée c’est vraiment de découvrir ou de redécouvrir que il y a une puissance dans la lenteur ou une puissance associée à la lenteur dans le cadre d’un équilibre qui est aussi un horizon. C’est là que je passe un certain temps, a expliqué dans Slow Power que l’une des caractéristiques du mouvement slow, c’est que la lenteur, le slow, la slow attitude n’est pas une finalité, c’est un moyen et que la finalité, c’est notamment sur le plan temporel, c’est d’atteindre à un équilibre que j’appelle l’équilibre fast and slow. D’ailleurs, ce n’est pas moi qui le dis, c’est un prix Nobel d’économie qui a intitulé son livre « Thinking Fast and Slow », Daniel Kahneman en 2011.

 

Emilie Grau: [00:16:52] Si j’ai bien lu, il explique que le cerveau, finalement, est fait pour vivre normalement cet équilibre fast and slow, et qu’on ne le respecte pas du tout, comme on ne respecte pas du tout l’équilibre cerveau gauche et cerveau droit. Dans nos sociétés actuelles, il y a vraiment un déséquilibre. Et d’ailleurs, ces réflexions, je me suis faite. Je me suis dit on est dans une société qui est too fast, donc qui ne respecte pas cet équilibre dy fast and slow et qui est tout cerveau gauche aussi. La place du cerveau droit, l’intuition, la créativité, tout ce qui est plus lié à ces moments de perception flous, en fait, et du kairos dont on reparlera, ils sont assez négligés. Tu ne ne parles pas de cette connexion là, mais je me suis fait la réflexion.

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:17:34] Je dirais pas ça. Ce que j’ai constaté, notamment au cours de mes différentes interventions, c’est que les niveaux de conscience et les groupes de conscience sont assez séparés. C’est comme si on avait d’une part, par exemple, dans le monde des grandes entreprises, on avait des gens effectivement à dominante cerveau gauche, à dominante fast, performance pour la performance, etc. Etc. Mais il existe des tas de personnes ou d’individus, de groupes de personnes qui fonctionnent sur le mode de cerveau droit, avec des ouvertures artistiques, culturelles, intellectuelles. J’ai des amis, artistes, musiciens et ou même artisans qui fonctionnent très bien  Mais ça forme, deux masses qu’est ceux qui se rejoignent assez peu.

 

Emilie Grau: [00:18:48] C’est ça qui est intéressant ! De jouer sur ces deux types de leadership. Du coup, j’utilise plutôt les mots taoïste et le yin et le yang, parce c’est réunir aussi nos deux façons de faire. Donc, l’hémisphère gauche, l’hémisphère droit. Et du coup, cet équilibre fast and slow est très parlant. C’est pour ça que je suis ravie que tu aies écrit ce livre parce que du coup, ça éclaire pas mal de choses. J’ai juste une petite citation pour ceux qui nous écoutent et qui n’ont pas encore lu le livre à la réponse à ma question,  » C’est quoi le Slow Power? ». Ce que tu dis dans le livre, c’est « voir la lenteur comme une porte ouverte vers une énergie potentielle mise en permanence à notre disposition afin que ce qui doit sortir des limbes de la potentialité puisse réellement s’accomplir de la façon la plus adaptée qu’il soit ». J’ai beaucoup aimé, parce qu’ on ouvre les potentialités, en se mettant dans ce rythme.

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:19:45] Une des caractéristiques de la puissance, de la lenteur, du slow power, c’est que, par exemple, en acceptant à certains moments, dans certaines circonstances, pour moi tout est très circonstancié, de se poser, de décélérer, de prendre du recul avec nos sujets de préoccupation, nos activités, etc. On peut faire quelque chose, par exemple l’alignement. On peut s’aligner et en s’alignant, on peut s’accomplir mieux et accomplir la tâche ou les tâches qu’on  à réaliser, mieux également. Bon, ça, c’est un exemple parmi d’autres de la puissance de la lenteur. Et effectivement, si on est tout le temps comme un hamster dans sa roue, en train de continuer à tourner, tourner, tourner, tourner le plus vite possible et sans s’arrêter, à un moment donné, on va dans le mur. Je pense que l’une des principales causes de burn out, c’est une de ses grandes maladies de ces dernières années professionnelles, mais pas que, une des principales causes de burn out, c’est ce manque d’équilibre fast and slow, c’est ce manque d’équilibre cerveau gauche, cerveau droit, en particulier dans le monde des entreprises où il n’y a pas assez de place, pas assez d’espace pour une marge de manœuvre plus souple, plus ouverte, qui permet aux gens de retrouver, de retrouver leur équilibre et donc, et donc retrouver leur vraie performance, c’est à dire leur capacité à s’accomplir et à accomplir mieux.

 

Emilie Grau: [00:21:48] Alors du coup, c’est bien, tu dis ça parce que tu replaces le sujet sur le monde de l’entreprise et ça va rejoindre une question que Thibault voulait que je te pose. Donc, comment vois-tu le leader de demain avec le Slow Power? Admettons que c’est quelque chose qui s’installe, qu’on puisse le transmettre de plus en plus, l’expérimenter de plus en plus. C’est ce qu’on essaye de faire avec le slowpreneuriat, mais bon, j’espère que ça va se diffuser plus largement dans toutes les entreprises.  Quelles seraient les qualités du leader en mode Slow Power. 

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:22:31] Je ne sais pas s’il y a un leader en mode Slow Power, je ne sais pas si j’ai envie de tomber dans…

 

Emilie Grau: [00:22:38] Alors il y a un mouvement qui s’appelle le leadership régénératif, qui qui m’inspire par rapport au slowpreneuriat. Et pour moi, ce leader régénératif, vraiment, il faut qu’il intègre cette puissance slow. On a parlé, de prendre des temps d’alignement, de connaissances de toi, de soi, d’introspection.Tu donne pas mal de clés dans les choses qu’on peut faire pour retrouver cet équilibre là dans le livre. Parce que c’est vrai qu’il y a quand même de nombreux bienfaits de ce Slow Power. On a quand même le cerveau moins encombré. On a une clarté et une lucidité qui est quand même hyper importante pour prendre des décisions. On est plus intuitif, plus créatif, on discerne mieux les choses et on s’accomplit plus aussi.

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:23:41] Le leadership régénératif est une idée que je ne connais pas plus précisément, mais c’est une idée qui me plaît. En tout cas, ça, ça évoque bien quelque chose … mais  justement, à mon sens, c’est ce genre de mouvement qui est susceptible de représenter l’avenir. Mais il faut qu’il y ait des conceptions, des mouvements, peut être des écoles d’une nouvelle génération de leaders ou d’entrepreneurs qui intègrent cette dimension là dans les écoles de commerce qu’on a en France. Je ne parle même pas des écoles d’ingénieurs, alors là, c’est encore pire, mais donc, tous les jeunes qui, chaque année, sortent d’écoles de commerce et d’écoles d’ingénieurs sont très, très peu sensibilisés à ces dimensions là.

 

Emilie Grau: [00:24:55] Ca bouge, ça bouge, il y a après, il y a des initiatives comme l’initiative de Satish Kumar. Tu connais le Schumacher Collège?

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:25:08] Oui, tout à fait

 

Emilie Grau: [00:25:10] Oui, j’espère que ces initiatives là vont se diffuser. Et vont inspirer les parcours plus académiques.

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:25:18] Mais une fois encore, un peu comme je le disais tout à l’heure à propos des deux populations qui vivent de façon  séparée, mais qui ont du mal à se mêler, le Schumarcher Collège de Satish Kumar, c’est typiquement une initiative. Ça progresse, mais ça progresse très lentement et très timidement. J’ai encore fait l’essai avec deux écoles de commerce récemment pour amener ce genre de sujet, ne fût-ce que de façon externe, entre guillemets, c’est à dire sur le mode conférences ouvertes, etc. Même pas rentrer dans le programme pédagogique, c’est compliqué. Il y a une ouverture, mais il y a une réticence.

 

Emilie Grau: [00:26:16] Ils sont quand même encore pas mal à côté de la plaque, alors?

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:26:20] Ben, ils sont surtout très contraints. Parce que tout le système éducatif supérieur est structuré autour du framework LMD licence, master, doctorat. Avec les normes désormais européennes, il y a tout un système de crédit de vérification. C’est extrêmement contraint. Donc, je comprends qu’ils ne soit pas tout à fait à leur aise pour faire n’importe quoi, n’importe comment. Néanmoins, quelles que soient les raisons, je constate que les enseignements en école de commerce et d’ingénieurs continuent d’être alignés sur une optique, une perspective assez assez mainstream où finalement, la place sur  les modes de pensée et les modes d’action alternatifs reste assez marginale. Pour le moment, en tout cas,

 

Emilie Grau: [00:27:16] Je pense que c’est quand même en train de changer. Parce que si tu lis Satish Kumar, il disait quand même que tant que l’économie, l’écologie dans les écoles justement sont dissociées, qu’on n’en parle pas. Dans les cours d’économie, on parle très peu d’environnement et c’est en train de changer. Donc, j’ai bon espoir que, du coup, on s’ouvre aussi à autre chose. 

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:27:39] Ce sera Slow.

 

Emilie Grau: [00:27:41] Nous notre ambition avec les slowpreneurs, c’est d’arriver à un moment à être une école du slowpreneuriat. Donc, on aura peut être l’occasion de mettre en place des parcours. Pour l’instant, on n’est que 2, donc ça démarre aussi doucement, mais on a de l’ambition. Donc on verra ce qui peut être fait. Peut être qu’il faudrait que je contacte l’Edhec, qui est quand même l’école par laquelle moi je suis passé et qu’on essaye de mettre en place des choses. Mais comme tu le dis, ce sera lent. Alors en fait, on n’a pas décrit ce que c’était, le Slow Power. Donc si tu permets, je vais citer ce que tu dis dans le livre, donc je te dis que c’est une puissance bien calibrée de la lenteur. Et surtout que c’est un équilibre entre certaines choses. C’est à -dire on doit avoir de la patience, mais pas s’endormir. Je reprends tes mots, hein? De la persévérance sans obstination déplacée, de l’attente positive enpreinte de veille active, la pondération des impératifs avec discernement, de capacité à relativiser les urgences sans tomber dans la procrastination. D’accepter un rythme mystérieux qui accompagne le déploiement de l’énergie temporelle. Alors ça? Ça, c’est du ressenti vraiment, et une capacité d’accueillir la puissance qui se diffuse secrètement dans la lente profondeur de la vie. Ça, ça, c’est possible quand on a des pratiques de méditation quotidienne, de recentrage, la ritualisation. Oui, on est très rituel chez les slowpreneurs. Il y a quelqu’un qui m’a dit ça peut déconcerter certains. Ça en rebute certains. Mais si on ne prend pas ces temps de décélération, de questionnement sur soi, il se passe rien. On a le nez dans le guidon tout le temps. C’est ce que tu disais tout à l’heure, le petit hamster dans la roue. Donc, j’aime bien dans le livre, tu parles de ton expérience avec le bâton d’encens. Juste prendre le temps de laisser le bâton d’encens, ça ne prend pas beaucoup de temps, ça

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:29:45]  Tiens, je vais, je vais faire une petite expérience. Je suis toujours stupéfait de constater que quelque chose d’aussi simple et d’aussi basique que…

 

Emilie Grau: [00:30:10] Le sablier

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:30:11] Je suis, je suis dans le rush, j’ai des urgences, j’ai plein de casseroles sur le feu, etc. Je prends un sablier, je le retourne, je le pose. Ben voilà, je prends du recul physiquement, je me mets contre mon mur, sous ma cascade, le temps d’un sablier et je pose mes mains sur mes genoux. Je regarde le sablier et il est en train de s’écouler. Je ne vois pas combien il dure celui là 3 ou 5 minutes. Mais qu’est ce que c’est que 3 minutes? Et ben ça surprend et ça déstabilise beaucoup de gens. 

 

Emilie Grau: [00:31:02] On a commencé nos ateliers pendant La Slowpreneurs Week par un rituel d’ouverture. Et c’est ce qu’on leur a fait faire. On leur a fait faire des grandes inspirations, prendre le temps de se réancrer et en fait, certains n’avaient pas l’habitude de faire ça. Mais si on commençait toutes nos réunions comme ça, déjà, on aurait dû faire ça en commençant cette interview!  Mais en fait, ce qui se passe, c’est que moi, j’ai longtemps hésité à faire ça avec mes clientes, tu sais. Et finalement, maintenant, je me donne un peu plus l’autorisation. Il faudrait que je fasse ça à chaque réunion importante, chaque vidéoconférence, qu’on instaure des nouvelles façons de faire et des pratiques. Et les personnes qui sont venues à la Slowpreneurs Weel et qui se sont levés pour être présents à 6h45 et faire 30 minutes de méditation et Visualisation guidée avec nous, se sont levés plus tôt pour poser leurs intentions pour la journée. C’est tellement simple. Les choses qui nous paraissent simples ne sont pas pour tout le monde. Donc en fait, il faut continuer à diffuser des pratiques, même les plus simples, parce que chacun est dans son son rythme. Déjà, se lever avec le téléphone portable, un réveil, on commence mal la journée. Ou allumer la radio tout de suite ou boire le café tout de suite. C’est toutes ces choses qui font que la journée commence mal. Et ce temps du matin, il est très sacré. 

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:32:37] Oui, oui, c’est pour ça que la phrase que tu cites est tout à l’heure a l’air d’être une phrase très, très théorique, très poétique, très ésotérique. Même se réinstaller dans le flux mystérieux. La durée de la vie, etc. Ben oui, alors effectivement, ca passe par certains dispositifs, ça peut passer par des petits rituels X, Y, Z, le matin ou l’après midi. Par exemple ma femme, qui est pourtant une entrepreneuse, une serial entrepreneuse de très bon et de très haut calibre. Elle a redécouvert, peut-être grâce à moi, elle a redécouvert l’intérêt et la puissance de la sieste. C’est à dire ce temps qu’on s’accorde, dans une journée de travail classique, pour retrouver un nouveau souffle, alors être dans un acte, une dynamique de régénération  qui participe au leadership d’aujourd’hui et de demain, qui participe par exemple à la clarté d’esprit pour prendre une bonne décision. C’est aussi simple que ça. On est dans un monde complexe. On doit prendre des bonnes décisions. On doit faire les bons choix, discerner ceci, cela, etc. Ajuster, par exemple, on négocie un partenariat. Mais comment est ce qu’on prétend faire des choses comme ça si on n’a pas l’esprit clair, le mental reposé? Si on n’est pas équilibré dans tous les sens du terme, de manière complète, de manière holistique. Après, on s’étonne que des gens prennent des mauvaises décisions, doivent rétropédaler. Alors il n’y a pas pire en termes de perte de temps, perte d’énergie et perte d’argent que de se précipiter dans des actions et de devoir rétropédaler. 

 

Emilie Grau: [00:35:04] Ont parlait les entrepreneurs et en fait, dans le livre, tu parles des moines bénédictins. Je trouve ça intéressant parce qu’en fait, tu aurais pu parler des Sikhs, qui réussissent énormément en termes de business et qui ont une vie spirituelle très développée. Donc, qui alternent ces moments, en fait de retour dans leur territoire intérieur, d’introspection, de méditation et une activité qui fonctionne.

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:35:34] Oui, j’aurais pu parler des Sikhs.

 

Emilie Grau: [00:35:36] L’idée, c’était pas de te dire tu as pas parlé des Sikhs. Finalement, l’entrepreneur moderne aurait tout intérêt à…

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:35:46] Que  ce soit en regardant ce que font les Sikhs ou ce qu’ont fait les moines bénédictins pendant des siècles. Il est largement démontré par ces gens là qu’il est possible de réussir entre guillemets. Qu’est ce que ça veut dire réussir… 

 

Emilie Grau: [00:36:07] Faire prospérer une communauté,

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:36:09] Voilà. Et de faire avancer le schmilblick pour tout le monde dans le bien commun. Bon, de manière correcte,  de manière sérieuse, de manière positive, tout en préservant et en cultivant son son, son jardin intérieur, donc en privilégiant le retour sur soi même, donc des moments de pause, des moments de réalignement et ce genre de choses. Oui, c’est largement démontré. Mais voilà, le XX e siècle est passé par là. Et le XXe siècle a fait pas mal de dégâts. Il a déconstruit la légitimité de ces initiatives-là et de ces communautés-là, en les remplaçant par un d’autres modèles qui sont devenus dominants, notamment pendant les Trente Glorieuses.

 

Emilie Grau: [00:37:07] La machine a fait beaucoup de mal. Tu parles dzns ton livre du  « temps des mains »? Satish Kumar, que je citais tout à l’heure, accorde aussi beaucoup d’importance aux mains, et moi aussi d’ailleurs. On est dans un monde où on passe beaucoup de temps derrière un écran, face à un écran, le temps d’écran est exponentiel. Et à côté de ces temps de méditation, on va dire plus spirituels, on a quand même ce temps des mains qui nous manquent et des retours à des pratiques manuelles, artistiques, créatives. Ça aussi, ça participe d’une vie plus équilibrée.

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:37:42] Je vais faire une autre expérience. J’ai amené un sablier, je vais faire une autre expérience.

 

Emilie Grau: [00:38:02] Du basilic?

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:38:07] Oui, c’est mon ami. Ha ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha!

 

Emilie Grau: [00:38:14] Je ne le sens pas d’ici

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:38:15] Mais c’est mon ami. Parce que depuis peu, en fait depuis le Covid, j’ai redécouvert le plaisir de jardiner. Je ne suis pas un grand manuel. Par exemple, en bricolage, je ne suis pas très doué de mes mains. Il faut que je m’y reprenne. Il y a des gens mille fois plus doués que moi, mais dans le jardinage, j’ai à la fois une reconnexion au vivant, une reconnexion à la terre sur un autre mode intellectuel, temporel, émotionnel, corporel. Et j’ai aussi, par ce biais là, l’occasion de s’exercer sur oui, sur un autre mode temporel, un peu décéléré parce que le temps des plantes est quand même par rapport aux autres et assez décéléré, et en redécouvrant toute la puissance de la nature, parce que la nature est hyper puissante, mais sur un autre mode, sur une autre, sur une autre durée.

 

Emilie Grau: [00:39:29] Surtout, elle n’est pas dans un temps linéaire, elle est dans un temps cyclique. Et c’est ce temps qu’on recherche avec le slowpreneuriat. C’est ce retour à ce temps cyclique qui est vraiment intégré dans la nature.

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:39:39] En fait, depuis ma redécouverte du jardinage en période Covid, eh bien, j’ai de plus en plus de mal à m’en passer. J’ai besoin de ma dose de jardinage hebdomadaire. Si je ne l’ai pas, ça me manque et je vois bien tout l’intérêt que j’ai à me plonger par moments pendant une heure sur le créneau fin d’après midi, par exemple, quand j’en ai plein les bottes et que j’ai une grosse journée de travail derrière pendant une heure à me plonger dans cet exercice. Mais alors, qui, pour le coup, n’est pas un exercice méditatif, un peu planant. L’inverse un peu de ce que je disais tout à l’heure. Avec le sablier, je pose, j’arrête ou j’allume un bâton d’encens. Alors là, c’est l’inverse. Je suis actif avec mes mains, je remue la terre et je coupe des branches. Et ceci cela…

 

Emilie Grau: [00:40:30] Et ça fait appel à d’autres intelligences comme l’intelligence cognitive. C’est ce qu’on disait en entrée de cette interview.

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:40:36] Oui, et ça nourrit ma capacité entrepreneuriale d’une manière, mais, mais d’une manière magique. Incroyable, quoi, c’est d’une richesse inouïe.

 

Emilie Grau: [00:40:47] Alors, je réserve cent pour cent. avec ce que tu dis, parce que moi, j’ai quitté la ville pour m’installer à la campagne pour avoir un jardin. Et bon, maintenant, entre-temps, on a déménagé. On aura bientôt une autre maison… Et c’était pour ça, en fait. Et si j’ai pu développer le slowpreneuriat et avancer, c’est parce que je savais que j’avais cette connexion avec mon jardin et il y avait des récoltes. Je pouvais faire des mandalas de fleurs rien que ces temps là, créatifs, bricoler des choses. Et puis c’était essayer du futur du land’art, donc ça allait disparaître le lendemain. Mais quel bonheur! Quel bonheur, ces moments-là… et aujourd’hui. Bon, là, je suis dans un Airb n B en location… Tu vois, je me suis mis une petite déco. J’ai quand même des plantes avec moi. Donc quand on a déménagé, il y avait le camion de déménagement et notre voiture était remplie de plantes. Et heureusement parce que j’ai pu mon jardin et les petits pots, c’est quand même ça. Ça reste cette connexion là.

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:41:36] Oui, mais ce qui est intéressant, c’est de constater que bien sûr, ça contribue à mon bonheur. Mais ce n’est pas tellement mon propos dans Slow Power, ça ne l’était pas du tout dans Slow Business. L’idée, c’est de dire que ça contribue aussi à ce que à ce que je sois performant. Mais performant qu’est ce que ça veut dire? Puissance qu’est ce que ça veut dire être puissant? De quelle puissance parle t-on?

 

Emilie Grau: [00:42:08] Tu parles potentialité pour la puissance dans Slow Power

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:42:12] Oui. On a l’impression de jouer sur les mots de façon un peu fine, subtile, mais en fait, il y a des vraies différences. Je fais une différence entre efficacité et efficience. Il faut faire la différence entre pouvoir et puissance, entre puissance et potentialité. Ce n’est pas tout à fait la même chose. Par exemple, Aristote,  ça fait appel à des à des sagesses anciennes un peu perdues de vue, pleines de bon sens… Aristote considère que c’est une énergie qui se déploie à travers une potentialité à redécouvrir et à manifester dans la durée. Cette notion là, elle a l’air un peu philosophique, etc. Mais en fait, elle est tout à fait concrète. On peut la vivre, on peut l’expérimenter et on peut en voir le fruit. Les bienfaits commencent, ça nourrit l’action commence à nourrir ce que je disais tout à l’heure. Une réflexion claire commence, a nourri la réelle efficacité, c’est celle qui est la plus alignée. Si on est alignés, si on est désaxé par rapport à soi-même, par rapport à sa vocation profonde, par rapport à ses talents, par rapport même à son profil temporel. On a tous un profil chronobiologie différent dans les grandes entreprises où tout est normalisé. On évacue complètement cette dimension là`

 

Emilie Grau: [00:43:49]  On a tous un type énergétique différent. Tu disais que ta femme a l’habitude de faire la sieste. Donc, je ne sais pas si tu es familier avec le Human Design? Certains types sont vraiment sans énergie et d’autres sont des moteurs. Par exemple, je suis générateur, donc j’ai une énergie constante. Mon compagnon est projecteur. Il a vraiment besoin de faire la sieste. Il n’a pas cette énergie là et ça aide. Effectivement, les entreprises ne les prennent pas en compte. On a des horaires de 9 à 5 là et effectivement, la chronobiologie aussi s’intègre par dessus. On a plein de couches. Plus le rythme lunaire, plus les saisons…. ,

 

Emilie Grau: [00:44:45] Tu parles de des pauses de désurgentisation

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:45:16] Ben oui, j’étais en train d’y penser. Il existe de nombreux types et genres de pauses. J’y consacre toute une longue partie dans Slow Power, mais je vais juste prendre un exemple qui, pour moi, est l’exemple par excellence. C’est ce que j’appelle la pause annuelle existentielle. C’est-à dire? Je l’ai pratiqué pendant de nombreuses années. Je la pratique encore bon, pas de façon super régulière, mais encore un peu.

 

Emilie Grau: [00:45:40] Prendre quelques jours de retraite, quelque part.

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:45:43] Trois jours. Trois jours de retraite, de pause dans un lieu inhabituel. Déconnecter …et faire un exercice. En profiter pour faire un exercice de relecture de vie qui est un exercice qui vient de la tradition spirituelle ignatienne qui consiste à revisiter une durée X. C’est un mois, c’est une année. Souvent, c’est une année. Ça peut être la semaine écoulée. Si on en ressent le besoin après une semaine particulièrement dense, mais la pause annuelle existentielle, on revisite l’année écoulée. On liste de façon aussi honnête que possible. Déjà bon, pas forcément évident, mais faut vraiment faire un exercice où il faut faire preuve d’honnêteté envers soi-même. On essaye de ne pas biaiser ou tordre les événements. On liste les événements positifs et les événements négatifs, ce qui nous a apporté, ce qui nous a fait du bien, ce qui nous a apporté du fuel et ce qui nous a posé problème, ce qui nous a entravé, les tuiles, etc. Et on essaye de voir comment on a géré ça, comment on a intégré ça et comment ça nous a permis d’avancer, comment ça nous a fait évoluer, soit en nous confortant dans une certaine direction, soit au contraire en nous faisant évoluer dans des directions inattendues. Et puis, on fait le bilan et on essaye de voir comment, dans un continuum dans la durée, comment une direction, un sens se dessine, émerge de ça. C’est un exercice précieux parce qu’il permet de retrouver du sens dans tous les termes du mot sens, c’est-à dire de la signification et en même temps de la direction. Une fois qu’on s’est rebranché, réaligné sur la signification vraie, authentique, profonde, puissante de ce qu’on est en train de faire et sur la direction, c’est à dire « je sais où il faut que j’aille », mais qu’est ce qu’il y a de mieux que ça?

 

Emilie Grau: [00:47:52] Ah oui, c’est sûr qu’on n’est plus le nez dans sa liste de tâches. On est dans l’objectif. Et alors? C’est intéressant que tu parles de ça maintenant. Parce que c’est l’exercice que je propose aux slowpreneurs avec les rituels de saison. Et hier, c’était l’équinoxe d’automne. Et l’équinoxe d’automne, c’est le bon moment pour faire ça. Donc, c’était c’était tout le contenu du rituel. Effectivement, faire ce point par rapport à la saison qui s’est écoulée, donc sans reprendre toute l’année, peut être déjà par rapport à l’été, et faire sa liste de gratitude aussi des choses qui ont été atteintes. Et puis là, on change de saison. On rentre bientôt dans une période plus sombre, donc c’est aussi intéressant. Donc, je ne sais pas si tu as une saison de préférence pour faire tes retraite de trois jours?

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:48:33] Les saisons intermédiaires en tout cas, c’est à dire automne ou au printemps. J’essaie d’éviter les l’hiver ou l’été que je considère comme des saisons pleines. Et je trouve qu’effectivement, les saisons intermédiaires sont des  saisons, de bascules, de transitions. Et donc, elles se prêtent plus, à mon avis, à faire un exercice où on fait le point sur ce qui se passe dans nos vies et comment ça et comment ça se passe.

 

Emilie Grau: [00:49:10] Merci. Du coup, je crois qu’on atteint la limite du temps qu’on s’était fixé. Alors, si tu pouvais donner un conseil à un entrepreneur qui veut passer en mode slowpreneur ou outre s’offrir des temps de retraite pour faire le point qu’effectivement, est ce que tu voudrais ajouter un autre conseil… Et lire ton livre.

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:49:28] Bah non, les conseils je crois qu’on les a déjà évoqués. Franchement, les principaux conseils qui me viennent à l’esprit  pour essayer de répondre à ta question ont déjà été évoqués. Bien commencer par des choses simples, des petits marqueurs que vous pouvez mettre en place sans que ce soit compliqué ou une prise de tête. L’exercice du sablier, l’exercice du bâton d’encens, l’exercice du jardinage et ou l’exercice de la pause existentielle annuelle. Essayez ça. Essayez ça et voyez. D’ailleurs, je ne prétends pas que ce soit des recettes universelles applicables à tout le monde et qui bénéficient à tout le monde de la même façon, car on est tous très différents, mais en tout cas, essayez. Il y a une variété de possibilités qui existent. La seule chose à faire, c’est d’essayer. Et voir ce qui résonne, ce qui répond, ce qui nourrit. Et une fois qu’on a identifié ce qui résonne, ce qui répond et ce qui nourrit à là, par contre, y accorder de l’importance, entrer dans une certaine forme de fidélité. Et puis se laisser aller dans cet exercice porteur, dans cette démarche porteuse ou dans ses démarches porteuses, il peut y en avoir plusieurs qui cohabitent ensemble, bien entendu. Et cela et les choses peuvent se passer graduellement et très, très positivement. Et  on peut évoluer comme ça, presque sans s’en rendre compte. Je suis en train de préparer une chronique pour une chronique, pour un magazine économique qui m’a demandé une tribune. Il faut oublier la boîte à outils ou la baguette magique, ou la recette instantanée miracle qui résoudrait soit disant nos problèmes de rapport au temps ou de gestion du temps, etc. Cela s’inscrit dans la durée. Ça passe par des expérimentations. Il faut un minimum de patience. Il faut un minimum de résolution et il se passe des choses.

 

Emilie Grau: [00:51:57] Merci pour cet enthousiasme de partager La puissance slow. Sous la vidéo, je mettrais bien sûr un lien vers le livre « Slow Power ». Et le précédent « Slow Business »? Et l’Académie des Intelligences Humaines. Je te remercie

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:52:14] Merci à toi. Merci à la démarche, au réseau Slowpreneurs et à tout ce que tu fais, à tout ce que tu tentes de faire. Ce que vous tentez de faire avec  Thibaut.Bravo. Continuez, tout le meilleur !

 

Emilie Grau: [00:52:31] Merci. Je dis à ceux qui nous écoutent que je suis dans le groupe « Les Slowpreneurs », donc peuvent aussi interagir avec toi si ça vous intéresse au sein du groupe.

 

Pierre Moniz-Barreto: [00:52:42] Yes!Bye bye! À bientôt. À la prochaine bonne fin de journée.

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Emilie Grau

Emilie Grau

Emilie est la fondatrice de Slowpreneurs.com et Marlie Digital. Elle apporte chez Slowpreneurs son expérience et sa connaissance du marketing digital pour t'aider (re)créer un business model et des outils web ajustés à qui tu es, pour plus de joie, d'impact et de care.

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